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Ces architectures qui nous emballent
Exposition et conférence

Ce sont des sacs plastique très ordinaires, quelques grames de matière destinés à emballer un carton de chaussure, un paquet de tabac et une revue, le poisson du marché, un médicament, deux ou trois livres...
Leur particularité ? Ils sont illustré d'un dessin représentant une architecture : un bâtiment, un quartier, une façade, un volume, une axonométrie, une modénature...

Ils sont d'une grande banalité et dans le même temps ils sont bavards pour peu qu'on sache les questionner.
Ils disent quelle architecture se hausse du col pour plaire au public qui fréquente le magasin ou le quartier dont ils témoignent. Un témoignage qui peut-être photographié, dessiné avec beaucoup de réalisme, ou poétisé, voire interprété et même idéalisé quelquefois.
Et ils disent, d'une certaine manière, comment le "grand public" (il est ici question de milliers et de milliers de sacs distribués à des consommateurs anonymes) perçoit non pas son environnement construit, mais tel ou tel "objet architectural" transformé le temps d'un achat en "objet de consomation".

Éric Monin, architecte, historien de l'architecture est saccuplastikophile. Dit autrement, il aime ces sacs en plastique. D'ailleurs, il les collectionne. Et, comme tout passionné, il aime partager le plaisir qu'il prend à les chercher, les trier, les comparer, les faire parler.
D'où cette exposition, produite par l'ensap Lille et les MA d'Amiens et Lille, dans laquelle il présente quelques uns de ses trésors. Chacun d'eux est commenté par un historien spécialiste du bâtiment ou du quartier illustré. Leurs notices sont autant de propos savants, points de vue ironiques et phrases gourmandes sur des architectures, ou plutôt sur la reproduction d'architecture, inconnues ou célèbres, dispersées aux quatre coins de la planète.
Car ces quelques grammes de plastique, désormais menacés des foudres environnementales, font l'article aussi bien d'obscures boutiques provinciales que de modestes enseignes préfectorales et d'icônes parisiennes (et anglaises, italiennes, étasuniennes, asiatiques) de la consommation contemporaine.
Ils évoquent une époque précise, déjà presque révolue, la fin du XXe et le début du XXIe siècle : quand Dieu n'habitait plus les temples mais les magasins, ne demandait plus d'offrande mais exigeait qu'on consommât, sans se soucier du mauvais sort que le démon "pollution" allait bientôt infligé à sa création.

Exposition : du 20 février au 20 mars 2017, rez-de-chaussée de l'école nationale supérieure d'architecture de Nantes, tous les jours sauf le dimanche, de 8h à 20h (le samedi, 18h)
Conférence : le 28 février 2017, 19h, auditorium de l'école nationale supérieure d'architecture de Nantes, entrée libre
Pour des raisons indépendantes de sa volonté, Eric Monin a été contraint d'annuler son déplacement à Nantes. L'ensa et lui espèrent pouvoir trouver une autre date avant la fin de l'exposition.