Actualités > Notre atelier commun : Margaux Milhade
Conférence jeudi 8 décembre 2016, auditorium, 19h.

Bataville

Bataville est un ensemble industriel et urbain situé à Moussey, en Moselle. Unique en France, cette cité est l’une des nombreuses réalisations de Tomas Bata, fondateur de la marque de chaussures qui porte son nom et longtemps leader mondial de cette production avec des usines en Angleterre, en Suisse, aux Pays-Bas, en Italie, au Canada, au Brésil, au Kenya, en Inde…

Construit à partir de 1931, les bâtiments de Moussey sont standardisés, rectiformes, 80 x 20 m, en béton avec remplissage de briques entre des rangées régulières de fenêtres sur 5 étages.
La cité ouvrière est quant à elle totalement autonome. Constituée de pavillons (avec salle de bain) elle est dotée de commerces, d’écoles, d’une piscine, d’une église, d’une salle des fêtes, d’une ferme modèle et de terrains de sport et peut accueillir 15 000 personnes.

Du dépérissement au classement MH

Après un dur conflit social qui dura six mois, l’entreprise, qui employait alors 840 salariés, cesse son activité en janvier 2002. En 2008, Ghislain Gad, fonctionnaire de passage en Moselle, tombe amoureux de cet ensemble exceptionnel, abandonné à la végétation et au vandalisme. Il rachète d’abord 4 500 mètres carrés de bâtiment, s'y installe et se met en disponibilité pour commencer à rénover les vestiges de ce monde disparu.

Plus tard il fait protéger de nombreux éléments du site au titre des monuments historiques. Il l’ouvre aux « anciens » à l’occasion des journées du patrimoine. Il mobilise le parc naturel régional de Lorraine, la Fondation de France, le conseil de développement du pays de Sarrebourg.
Tant et si bien qu’en 2015, les uns et les autres invitent l’association « Notre Atelier Commun » (Loïc Julienne et Patrick Bouchain) a y installer une « université foraine » destinée à inventer collectivement un futur pour Bataville et ses habitants.

L’université foraine

" Ce que nous faisons, c’est une université sans lieu, sans prof, sans diplôme, sans programme, sans étudiant. (...) Étymologiquement, l’Université, c’est le lieu de réunion de la pensée ; le lieu où celui qui enseigne à un moment donné devient, à un autre, celui qui apprend. (...) Forain désigne justement le partage d’un territoire au moment où l’on y tient une activité. L’activité foraine occupe temporairement un territoire commun, pour le restituer ensuite à d’autres occupants. (...) » Patrick Bouchain

« L’université foraine est toujours ouverte. Elle aime quand on ouvre les yeux, les oreilles, la bouche. Elle ne cherche pas à mettre tout le monde d’accord mais plutôt à instaurer une communauté des désaccordés. Elle favorise le vagabondage de l’incertitude contre l’inertie des idées toutes faites. » Jean-Pierre Thibaudat

De septembre 2015 à octobre 2016, Margaux Milhade s’installe donc dans le hall d’entrée de l’usine, bientôt rejointe pour quelques jours, ou semaines, ou mois, par des artistes, des photographes, des historiens, des musiciens, des chercheurs, des stagiaires et, surtout, des dizaines d’habitants qui ensemble « habitent, regardent, rencontrent, écoutent, arpentent, récoltent les avis et les envies, expérimentent ici et là, mettent en chantier, essayent, brassent les possibles, révèlent les pistes ». (http://bataville.over-blog.com)

Margaux Milhade

Architecte et ingénieur, Margaux Milhade est diplômée de l’Ecole centrale (2012 ) et de l’ensa Nantes (2015). Un premier passage par « Construire », l’agence de Patrick Bouchain et Loïc Julienne, la conduit naturellement à s’intéresser aux questions liées à la médiation / la participation / la mobilisation des habitants, usagers, l’autre, les autres pour qui l’architecte aménage, réhabilite, construit.

Son PFE, « La maison de René: plateforme d'intéractions culturelles » est donc, logiquement, une réflexion sur l’appropriation collective d’un espace, et c’est tout aussi logiquement que quelque mois plus tard elle répond positivement à l’offre de « Notre atelier commun » et pose ses valises, pour une année, à Bataville.